09/04/2019 – L’homme au complet blanc

Covid 19

Conformément aux prescriptions du gouvernement, notre ciné-club suspend ses projections jusqu’à nouvel ordre. Merci de votre compréhension.

L’homme au complet blanc (The Man in the White Suit) – UK – 1951 – 1 h. 25 – NB

Dans une sombre ville du nord de l’Angleterre, le jeune chimiste Sidney Stratton qui expérimente, en secret, au sein du laboratoire des industries textiles Corland est renvoyé après avoir été découvert. Puis, engagé par la firme Birnley, après nombre d’essais aussi infructueux que cataclysmiques, il voit aboutir sa découverte d’un tissu révolutionnaire, insalissable, inusable, parfait. Mais cette invention que le jeune chercheur veut offrir au monde, si elle impressionne une ouvrière amoureuse et si elle séduit la ravissante fille de Birnley, n’est pas du goût de tous : le génial inventeur va-t-il devenir l’homme à abattre ?

Cette comédie, au scénario nominé aux Oscars, est portée par un Alec Guinness rayonnant, qui endosse le costume de ce jeune chercheur aussi téméraire que rêveur. Mais ce chevalier « à l’armure rutilante », se battant pour son tissu merveilleux qui vêtirait le monde pour l’éternité, n’est-il pas d’abord fasciné par ses propres formules chimiques, ses incantations magiques ?
S’il soulève contre lui aussi bien les riches industriels que les ouvriers inquiets, est-ce parce que, trop idéaliste, il n’a pas mesuré les conséquences de sa découverte dans l’Angleterre d’après-guerre ? Ou bien est-ce parce que personne n’est prêt à cette innovation radicale ?
Sous les facettes de ce conte, aiguisées par l’humour acide de la comédie « typically british », verrons-nous plutôt une critique des groupes sociaux repliés sur leurs intérêts, figés dans la sacro-sainte tradition anglo-saxonne, ou un éloge de l’imagination la plus folle, ou bien encore un film d’anticipation nous interrogeant sur les limites à donner au progrès scientifique ? Ouvrir cet intéressant débat n’est pas la moindre des qualités de cette lumineuse fable d’Alexander Mackendrick.

Marie-Laurence Marais

Réalisation : Alexander Mackendrick
Scénario : John Dighton, A. Mackendrick, Roger MacDougall
Photographie :Douglas Slocombe
Montage : Bernard Gribble
Musique : Benjamin Frankel
Décors : Jim Morahan
Production :Michael Balcon
Interprètes : Alec Guinness, Joan Greenwood, Cecil Parker, Michael Gough, Ernest Thesiger, Duncan Lamont