10/03/2016 – Cet obscur objet du désir, Terre sans pain

Cet obscur objet du désir – France / Espagne – 1977 – 1 h. 43 – Couleurs

Au cours d’un voyage en train de Seville à Madrid, Mathieu, bourgeois d’âge mûr (F. Rey) raconte aux compagnons de voyage de son compartiment ses mésaventures avec la danseuse Conchita (A. Molina et Carole Bouquet) à qui il a jeté un seau d’eau froide peu avant le départ du train. Mais ses ardeurs machistes seront à leur tour refroidies de la même manière.

Pour son dernier film Don Luis se révèle aussi libre que dans « Le fantôme de la liberté » (1974) et « Le charme discret de la bourgeoisie » (1972) avec lesquels il forme une sorte de trilogie.
Liberté dans le rôle de Conchita, joué par deux actrices à tour de rôle. Liberté dans la suggestion comme ce sac de jute qui parcourt tout le film et dont on ne saura jamais le contenu ; une sorte de mac guffin buñuelien.
Le désir et la frustration sont les moteurs du récit de Mathieu et parallèlement une série d’attentats terroristes se déroulent sans que les protagonistes ne s’en inquiètent. Saurons-nous quel est cet obscur objet du désir ? La femme, son sexe, son esprit. Peut-être les trois ou la frustration qui excite le désir.

Henri Talvat

Réalisation : Luis Buñuel
Scénario :Luis Buñuel et Jean Claude Carrière d’après le roman de Pierre Louys « La femme et le pantin »
Photographie :Edmond Richard
Montage :Luis Buñuel et Hélène Plemianikov
Production :Serge Silberman pour Greenwich film, les films Galardie et Incine
Interprètes : Fernando Rey, Carole Bouquet, Angelina Molina, Julien Bertheau, Milena Vukovic

Terre sans pain (Las Hurdes) – Espagne – 1932 – 27 mn. – NB

Documentaire sur une des régions les plus arriérées d’Espagne au nord de l’Estrémadure.
Non sans humour noir, certains l’ont qualifié de « touristique ».

Avec son sens entomologiste, Luis Buñuel nous fait découvrir ces villages quasiment enterrés où règnent l’insalubrité et la malnutrition responsables du paludisme, du goitre, de crétinisme, de nanisme. Les jeunes émigrent mais l’instituteur rappelle aux élèves qu’il faut respecter la propriété privée…
Le film a été interdit par les autorités de l’époque, en Espagne et à l’étranger. Puis les franquistes l’ont considéré comme un film diffamatoire.
Le commentaire et la musique ne furent incorporés à la bande-son qu’en 1937 quand le film fut distribué par Pierre Braumberger.

Henri Talvat

Réalisation : Luis Buñuel
Scénario :Luis Buñuel inspiré d’un livre de Maurice Legendre
Photographie :Eli Lotar
Montage :Luis Buñuel
Musique : Symphonie n°4 de Brahms
Production :Ramon Acin ( à la suite d’un gain à la loterie)