14/12/2006 – Scarface

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SCARFACE – USA – 1931 – 1 h. 33 – NB

Inspiré de la jeunesse du gangster Al Capone. Chicago, au temps de la prohibition. Louis Costillo, dernier baron de la pègre de la ville sévissant dans la partie Sud est assassiné. La guerre des gangs est déclarée. D’un côté le tout puissant O’Hara qui a la mainmise sur la partie Nord de la ville, de l’autre Johnny Lovo qui tente tant bien que mal de reprendre les commandes de l’empire de contrebande d’alcool de Costillo. Il engage Tony Camonte comme bras droit, homme sans scrupule qui va rapidement faire prospérer le clan avec ses méthodes expéditives. Il se permet même de draguer ouvertement Poppy, dernière copine en date de Lovo, tout en veillant jalousement sur sa sœur Cesca, lui interdisant toute liaison sentimentale.

 La censure donnera du fil à retordre à Hawks, qui aborde dans Scarface un sujet brûlant. Production indépendante, Scarface est tourné en 1931, mais mettra près d’un an à trouver le chemin des salles de cinéma, en raison des pressions exercées sur le réalisateur et son producteur, le milliardaire Howard Hughes, par Will Hays, président de la MPPDA (Motion Picture Producers and Distributors of America). Fait rarissime, le film sortira d’abord dans la Nouvelle-Orleans, et seulement après dans les grandes villes, en 1932. Les deux Howard devront accepter de procéder à quelques modifications.Tout d’abord, il leur faut donner au film un nouveau titre : Scarface, The shame of a nation (Scarface, la honte d’une nation). Ensuite, ils doivent ajouter au début du film un texte précisant que ce film est une condamnation, et non une apologie du gangstérisme, et une scène dans laquelle un patron de presse prononce un discours moralisateur. La fin du film, celle que nous connaissons aujourd’hui, avec Camonte à terre, sous une publicité qui indique « The world is yours », ne satisfait pas non plus les censeurs, qui exigent qu’une nouvelle conclusion soit tournée : dans cette version Camonte est arrêté et condamné, puis le juge lit la sentence, qui prévoit que le gangster sera pendu. Le film s’achève sur un plan de Scarface, une cagoule sur la tête.

Réalisation : Haward Hawks
Scénario : Ben Hecht, Seton Miller, John Mahin, Fred Pasley, William R. Burnett, d’après l’œuvre de Armitage Trail
Photographie : Lee Garmes, William O’Connell
Musique : Adolph Tandler, Gus Arnheim
Montage : Edward Curtiss, Lewis Milestone
Interprètes : Paul Muni, George Raft, Ann Dvorak, Karen Morley, Osgood Perkins