26/11/2020 – Rashōmon

Rashōmon – Japon – 1950 – 1 h. 28 – NB

Dans le Japon médiéval de l’ère Heian, dans des temps de guerres et de violence, à l’abri d’une pluie torrentielle sous le portique en ruine de Rashō, un bûcheron et un bonze vont faire à un paysan incrédule le récit du drame dont ils ont été, partiellement, témoins. Présents à l’audition des présumés coupables, ils émaillent leurs propres récits des confessions des protagonistes : celle du bouillonnant bandit Tajômaru qui avoue le meurtre du samouraï, celle de sa très belle femme, agressée, qui propose une autre version des faits et même celle du mort…

Les vérités de chacun vont-elles permettre de reconstruire le déroulement de l’agression et du meurtre ? Pas moins de sept narrateurs délivrent autant de points de vue rétrospectifs sur les événements. La connaissance des responsabilités va-t-elle émerger de cette enquête policière ? Chaque nouveau flash-back apporte des éléments d’information éclairants. Chaque nouvel éclairage sculpte la psychologie complexe des personnages. Mais ce qui se reconstruit n’est pas un récit chronologique, c’est davantage un puzzle qui se façonne sous les yeux du spectateur : les bribes de récits individuels, en variant les cadres, les angles de vues ou les lumières, offrent au traitement du temps un véritable déploiement dans l’espace. La réalité elle-même, faite de tant de vérités relatives, ne se met-elle pas alors à vaciller ? L’homme peut-il même saisir son univers ? Agir sur lui ? Rester un homme de bien quand tout tremble alentour ?

Marie-Laurence Marais

Réalisation : Akira Kurosawa
Scénario : Shinobu Hashimoto, Akira Kurosawa d’après deux nouvelles d’Akutagawa Ryūnosuke « Rashōmon » (1915) et « Dans le fourré » (1922)
Photographie :Kazuo Miyagawa
Montage : Akira Kurosawa
Musique : Fumio Hayasaka
Décors : Takashi Matsuyama
Production :Masaichi Nagata, Sōjirō Motoki, Jingo Miroura pour Daiei
Interprètes : Toshirō Mifune, Masayuki Mori, Takashi Shimura, Mashiko Kyō, Daisuke Katō, Noriko Homna