Le Desert rouge - Il Deserto rosso - 
Michelangelo Antonioni 
Italie – 1964 – 1h55 – Couleurs
Réalisation : Michelangelo Antonioni 
Scénario : M. Antonioni, Tonino Guerra
Photographie : Carlo Di Palma
Décors : Piero Poletto
Musique : Giovanni Fusco, Vittorio Gelmetti
Interpretation : Monica Vitti, Richard Harris, Carlo Chionetti…

Giuliana, mariée à un industriel et mère d'un petit garçon, est sujette à de fréquentes crises d'angoisse. Elle erre dans la triste banlieue industrielle de Ravenne tout en essayant de donner sens au monde qui l'entoure. Elle recherche le réconfort auprès d’un ami de son mari venu recruter de la main d'œuvre pour fonder une usine en Patagonie.

« Le Désert rouge » est le premier film en couleurs de Michelangelo Antonioni. Le cinéaste a accordé un soin particulier à cet aspect du film, allant jusqu'à repeindre non seulement l'usine qui sert de décor, mais aussi des éléments naturels, tels que l'herbe. « Je veux peindre la pellicule comme on peint une toile ; inventer des relations entre les couleurs et non me contenter de photographier les couleurs naturelles ». Mais, plus qu'un effet stylistique, la peinture est un véritable thème du film. D'ailleurs le premier titre qu'Antonioni donne à son film est « Celeste e verde » (Bleu et vert).
Par ailleurs, le réalisateur s'amuse avec les codes cinématographiques traditionnels. Il ne respecte pas les codes du montage hollywoodien dans lequel le montage est le plus possible effacé. Ici, le montage est visible, fragmenté et ne sert pas forcément l'intrigue. Antonioni enregistre un paysage urbain aussi sinistré que le mental de son héroïne, et la contamination qui s'opère entre les deux.
" Il est trop simpliste, comme beaucoup l'ont fait, de dire que j'accuse ce monde industrialisé, inhumain, où l'individu est écrasé et conduit à la névrose. Mon intention, au contraire (...) était de traduire la beauté de ce monde, où même les usines peuvent être très belles... La ligne, les courbes des usines et de leurs cheminées sont peut-être plus belles qu'une ligne d'arbres, que l'œil a déjà trop vue. C'est un monde riche, vivant, utile." 
Ce film a obtenu le Lion d'Or à Venise en 1964.

Nima Rafighi
Le Desert rouge
mardi 6 décembre