Ciné-Club Jean Vigo - Montpellier
 
CITIZEN KANE
Orson Welles
Etats-Unis
Scénario : Herman Mankiewicz et Orson Welles
Photographie : Greg Toland
Production : Orson Welles
Interprétation : Orson Welles, Joseph Cotten, Everett Sloane, Agnes Moorehead, Dorothy Comingore, Paul Steewart …

Le milliardaire et grand magnat de la presse, Charles Foster Kane, meurt dans sa propriété appelée Xanadu en prononçant un mot, ROSEBUD, qui va devenir l’objet d’une enquête menée par un reporter. Ainsi, sans aucune chronologie va défiler la vie de Kane au fil des souvenirs qu’en ont ses proches. C’est plutôt une quête pour découvrir la signification du mot magique, une quête forcément vouée à l’échec car comment résumer la vie d’un homme en un mot. L’ultime image qui semble donner la solution, n’est-elle pas un leurre ?

Citizen Kane est sans doute le film le plus emblématique de cette saison consacrée au point de vue. Il constitue ici un puzzle, un kaléidoscope ou un labyrinthe d’images dans lequel on se perd avec délice. Manifeste d’un nouveau cinéma, Citizen Kane, en dépit des tracasseries (de Hearts, magnat de la presse qui avait cru se reconnaître) et des jalousies (pour ses formes modernes et fulgurantes), reste aujourd’hui un phare inégalé de la création cinématographique. Pas mal pour un type de 25 ans.
Henri Talvat

Considéré  dans tous les référendums comme l’une des douze œuvres les plus importantes de l’histoire du cinéma, Citizen kane a été l’un des films plus commentés. Sartre lui-même y est allé de son couplet . On a beaucoup admiré son style (l’art de filmer les plafonds et l’usage de la profondeur du champ) et sa construction (non un simple flash-back, mais un retour en arrière à travers les récits morcelés et parfois répétitifs des témoins). Sa peinture du monde des journalistes et de la politique est plus superficielle, mais le film donne une bonne leçon aux biographes : « Défense d’entrer » comprenons défense d’entrer dans la vie d’un homme dont le « Rosebud » échappera à toute enquête (ici la nostalgie de l’enfance et de la pureté symbolisée par le traîneau). Il est indispensable d’avoir vu Citizen Kane.

Jean Tulard. Guide des films - Robert Laffont 1997


En complément ….
Il s'agit du premier film d'Orson Welles, et les acteurs proviennent pour la plupart de son groupe de théâtre : le Mercury Theatre.

Le film a été tourné aux studios de la RKO à Hollywood (Californie), du 29 juin au 23 octobre 1940.

Le titre initial devait être American.
Orson Welles s'est inspiré d'un personnage réel : William Randolph Hearst (1863-1951), qui s'était réfugié dans un château, Hearst Castle, à la fin de sa vie, comme Kane à Xanadu dans le film. 

Toutefois, d'autres sources, et certains auteurs, comme Peter Harry Brown et Pat H. Broeske, ont fait valoir que le film devait être, à l'origine, une biographie, plus ou moins fidèle, du millionnaire Howard Hughes, alors connu à la fois pour ses entreprises cinématographiques (Les anges de l'enfer, Scarface), pour ses records et ses activités dans l'aviation, et pour certaines excentricités (il était victime de troubles obsessionnels compulsifs, lui faisant par exemple répéter plusieurs fois de suite la même phrase, et il souffrait d'une phobie des microbes). 
L'ironie veut que Howard Hughes soit devenu quelques années plus tard le patron de la RKO qui a produit le film.

Les tentatives d'interdire le film par Hearst ont donné lieu à un documentaire télévisé : The Battle Over Citizen Kane (en).

Rosebud, le fameux mot-clé prononcé par Kane, veut dire littéralement « bouton de rose ». On dit que ce mot était utilisé par William Randolph Hearst pour désigner le clitoris de sa maîtresse, Marion Davies (ce mot est également employé par La Mettrie pour désigner le clitoris, notamment dans L'art de jouir). Certains estiment que c'est une des raisons pour lesquelles William Randolph Hearst a essayé d'interdire le film à sa sortie. Otto Preminger rendra hommage à ce film avec son propre film Rosebud (1974).

Ce film arrive régulièrement en première place des sondages auprès des critiques anglo-saxons, voire internationaux, concernant les plus grands films de l'histoire du cinéma. Il se trouve par exemple en tête depuis une trentaine d'année du classement établi par l'American Film Institute : Le top 100 de l'American Film Institute.
Documentation : wikipedia.fr
Jeudi 7 janvier 2010 à 20 h au centre Rabelais