
Hantise (Gaslight) – USA – 1944 – 1h54 – N&B
Dix ans après l’assassinat non élucidé, à Londres, de sa tante Alice, Paula, encore traumatisée, épouse à Rome, Grégory, accompagnateur au piano de son professeur de chant. Il la convainc de revenir habiter l’appartement où le crime a été commis. Brian Cameron, inspecteur à Scotland Yard, poursuit l’enquête.
Significativement, c’est l’allumeur de réverbères de la ville dans son activité quotidienne – l’action se déroule vers la fin de l’ère victorienne – que nous présente d’abord Cukor. Celui-ci est considéré à juste titre, par l’ensemble de la critique, comme un des meilleurs directeurs d’acteurs et surtout d’actrices au monde. Il faut voir, par exemple, comment, dès les premières scènes du film, il sait nous faire passer, sans aucun maquillage et en jouant uniquement sur les éclairages, Ingrid Bergman, alors trentenaire, pour une adolescente. Car Cukor, comme le personnage principal masculin de son film, sait savamment jouer avec les éclairages pour tromper son monde. Le film baigne continuellement dans une atmosphère grisâtre, oppressante, inquiétante : sans aucun doute, le plus gris de tous les films noirs.
Maurice Roméjon
| Réalisation : | George Cukor |
|---|---|
| Scénario : | John Van Druten, Walter Reisch et John L. Balderston, d’après la pièce de Patrick Hamilton |
| Photographie : | Joseph Ruttenberg |
| Montage : | Ralph E. Winters |
| Décors : | Cedric Gibbons, William Ferrari, Paul Huldschinsky, Edwin B. Willis |
| Musique : | Bronisław Kaper |
| Production : | Arthur Hornblow Jr., pour Metro-Goldwyn-Mayer |
| Interprètes : | Charles Boyer, Ingrid Bergman, Joseph Cotten, Dame May Whitty, Angela Lansbury |
