07/01/2027 – PLAYTIME

PLAYTIME – France – 1967 – 2h04 – Couleurs

Un groupe de touristes américaines arrive à Paris pour visiter la capitale. Pendant ce temps, M. Hulot se rend dans les bureaux d’une grande entreprise pour y passer un entretien, mais il finit par se perdre dans l’immensité du bâtiment…

Dans Playtime, sorti en 1967 au bout de quatre ans de travail, nous retrouvons le héros de Jacques Tati, Monsieur Hulot, déjà vu dans Les Vacances de Monsieur Hulot (1953) et dans Mon oncle (1958).

Playtime est organisé en six séquences reliées entre elles grâce à l’utilisation de deux personnages qui se croiseront au cours du récit : Monsieur Hulot qui a un rendez-vous à Paris avec un personnage important et une jeune touriste américaine fraîchement débarquée.

Dans un Paris futuriste, véritable labyrinthe de béton et de verre, Monsieur Hulot déambule dans un décor gigantesque peuplé, ou envahi, par les inventions techniques les plus débridées.

Film ambitieux dans sa forme, Playtime emprunte au genre de la comédie pour mieux dénoncer l’utopie du mode de vie moderne et ses dérives : la solitude des individus et la confusion des espaces. Jacques Tati déploie son art d’illusionniste qui amplifie les effets d’errance des personnages dans un environnement sans âme où tout finit par se dérégler.

Échec commercial sévère, boudé par la critique, le film a dérouté le public. Jacques Tati fit faillite, fut un moment dépossédé de ses droits. Playtime fut remanié, remonté… Il reste néanmoins, pour son auteur, une tentative momentanée de dépasser la vie ordinaire de son époque et d’envisager d’autres espaces et d’autres ambitions.

Mireille Aldié

Réalisation :Jacques Tati
Scénario :Jacques Tati
Photographie :Jean Badal, Andréas Winding
Montage :Gérard Pollicand
Décors :Eugène Roman
Musique :Francis Lemarque
Production :Bernard Maurice (Specta Films, Jolly Film)
Interprètes :Jacques Tati, Barbara Dennek, Jack Gautier, Henri Piccoli, Léon Doyen, Billy Kearns