
LE SALON DE MUSIQUE – JALSAGHAR – Inde – 1958 – 1h40 – N&B
Bengale des années 20.
Passionné de musique et de danse, un aristocrate de la classe des zamindars, imbu de la noblesse de sa caste, va sacrifier sa fortune et sa famille pour donner de splendides réceptions dans son salon de musique symbole de sa grandeur d’autrefois, malgré les dettes qui s’accumulent.
Satyajit Ray nous parle dans ce film de la lente déchéance de l’aristocratie trop imbue de sa supériorité pour pouvoir se remettre en question.
Inspiré du roman éponyme de Tarasankar Bandyopadhyay, le film traite avec empathie et un grand sens du détail (Satyatjit Ray a même reconstitué un salon de musique dans un ancien palais) du déclin de l’aristocratie traditionnelle pendant que des individus plus modernes et pragmatiques s’enrichissent, incarnant une nouvelle classe sociale. Orgueil et illusion accompagnent le sentiment de la classe dominante qui n’a que mépris pour les basses castes.
La musique a un rôle fondamental : elle conserve une mémoire personnelle de la vie passée de Roy (l’aristocrate) dans laquelle elle l’enferme, l’empêchant d’accepter le changement. Mais c’est aussi une mémoire culturelle : elle se présente comme un marqueur de distinction sociale et culturelle, un fondement identitaire dernier lien de Roy avec sa dignité, mais surtout un piège nostalgique qui conduit à la tragédie finale.
Benoîte Pitiot
| Réalisation : | Satyajit Ray |
|---|---|
| Scénario : | Satyajit Ray d’après la nouvelle Jalsaghar de Tarashankar Banerjee |
| Photographie : | Subrata Mitra |
| Montage : | Dulal Dutta |
| Décors : | Bansi Chandragupta |
| Musique : | Vilayat Khan |
| Production : | Satyajit Ray |
| Interprètes : | Chhabi Biswas, Padmadevi, Pinaki Sengupta, Gangapada Basu, Tulsi Lahiri, Kali Sarkar |
