
Eyes wide shut – USA – 1999 – 2h39 – Couleurs
Dans un New York contemporain de sa réalisation – mais reconstitué en studio – le très beau couple – également reconstitué en studio ! – formé par le docteur Bill Hartford et son épouse va voir, en quelques nuits, son équilibre sexuel et sentimental vaciller. Du flirt mondain, que tous deux pratiquent, à l’infidélité, il n’y a qu’un pas que l’alcool, l’herbe ou le rêve même peuvent inviter à franchir. L’aveu d’un fantasme que lui fait sa femme semble autoriser Bill à céder à toutes les tentations que la nuit lui prodigue…
Dans ce dernier opus du réalisateur, connu pour son exigence quasi maladive, tous les choix esthétiques faits, dans leurs moindres détails (décors, objets, acteurs, lumières, mouvements, musique) sont puissamment intentionnels.
Les corps ou les parties du corps, dénudés ou voilés, les vêtements et les déguisements, les expressions et les masques, les directions des regards et les mots choisis forment un kaléidoscope d’éléments incarnant les pulsions de vie et de mort qui motivent les actes des personnages. La réalité, voire la trivialité de leurs fantasmes, prennent alors une ampleur cérémonieuse. Et cette profusion de signes, passionnants à interpréter, donne à lire dans le récit de ces désirs une sorte d’allégorie de l’art trompeur qu’est le cinéma lui-même.
Ouvrez grand les yeux.
Marie-Laurence Marais
| Réalisation : | Stanley Kubrick |
|---|---|
| Scénario : | tanley Kubrick, Frederic Raphael d’après la nouvelle Traumnovelle d’Arthur Schnitzler |
| Photographie : | Larry Smith |
| Montage : | Nigel Galt |
| Décors : | Leslie Tomkins |
| Musique : | Jocelyn Pook |
| Production : | Stanley Kubrick, pour Hobby Films, Pole Star et Stanley Kubrick Productions |
| Interprètes : | Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack, Todd Field, Madison Eginton, Jackie Sawiris, Marie Richardson |
