29/10/2026 – LA SOUPE AU CANARD

LA SOUPE AU CANARD – DUCK SOUP USA – 1933 – 1h10 – N&B

Rufus T. Firefly est nommé par la très riche et influente Mrs Teasdale, éprise de lui, à la tête de la Freedonie, une principauté imaginaire. Trentino, l’ambassadeur de Sylvanie, un État voisin sur le pied de guerre, fomente alors un coup d’État. Il a deux traîtres à sa solde, prêts à tous les doubles jeux : Pinky et Chicolini…

La Soupe au canard est le cinquième long métrage des Marx Brothers, leur plus célèbre film et le dernier dans lequel ils apparaissent tous les quatre.

Les Marx réagissent à la noirceur du moment (crise financière post krach boursier et montée des fascismes en Europe) par une satire mordante tournant en dérision l’autorité politique. Pour eux, tout pouvoir est maudit et « le patriotisme est à la guerre ce que la farine est au pain. »

Sur le plan formel, La Soupe au canard éblouit par la richesse de ses décors et par son invention. On retrouve le comique qui fit la gloire des Marx : le non-sens, une pluie de jeux de mots et de gags. Certaines scènes sont devenues cultes, comme celle du miroir, dont l’idée est empruntée à Max Linder.

Cet « hymne à l’anarchie et à la révolte intégrale » selon Antonin Artaud connut un semi-échec public à sa sortie en 1933. C’est pourtant, de l’avis de beaucoup, l’un des meilleurs films des Marx : il allie le génie comique de chacun des frères au talent de metteur en scène de Leo McCarey qui dira plus tard : « la chose la plus surprenante de ce film, ce fut que je réussisse à ne pas devenir fou. »

Laissez-vous emporter par ce chef-d’œuvre du burlesque, sans temps mort, hilarant et subversif !

Isabelle Debien

Réalisation :Leo McCarey
Scénario : Bert Kalmar, Harry Ruby
Photographie :Henry Sharp
Montage :LeRoy Stone, assisté d’Edward Dmytryk
Décors :Hans Dreier, Wiard Ihne
Musique :Bert Kalmar, Harry Ruby
Production :Herman J. Mankiewicz (Paramount Pictures)
Interprètes :Groucho, Harpo, Chico et Zeppo Marx, Margaret Dumont, Louis Calhern