
La belle et la bête – France – 1946 – 1h36 – N&B
(18h30 – Médiathèque Émile Zola)
Il était une fois un père imprudent ; une Belle qui se retrouve prisonnière du domaine d’une mystérieuse et inquiétante Bête ; une fratrie avide et gonflée d’orgueil qui tombera de haut.
Jean Cocteau rêvait depuis longtemps de mettre en scène un conte de fée. C’est le comédien Jean Marais qui lui souffle l’idée d’adapter celui de Madame Leprince de Beaumont. Ce texte assez vague sur les lieux, les apparences physiques et les dialogues laisse une grande place à l’imagination. Et Cocteau, écrivain poète, n’en manque pas. Il invente, avec la complicité de Christian Bérard, Henri Alekan et Hagop Arakélian, un univers féérique dans lequel le merveilleux s’incarne dans une multitude de détails : une rose, des animaux, des décors au comportement insolite, des objets merveilleux, des formules magiques dont le célèbre « Il était une fois » ouvrant la porte vers un monde surréaliste.
Avec ses éclairages évoquant Vermeer et les gravures de Gustave Doré, son jeu sur l’animé et l’inanimé et ses mouvements défiant le réel, ce conte de fée sans fée « s’adresse à ce qui reste d’enfance en chacun de nous » selon le souhait de Cocteau.
Des multiples adaptations cinématographiques, celle-ci est probablement celle qui émerveille le plus. Par la beauté envoûtante de ses images et la poésie de ses trucages artisanaux qui fusionnent le réel (l’univers de la Belle) avec l’irréel (le domaine de la Bête), elle nous révèle un monde au-delà des apparences.
Isabelle Debien
| Réalisation : | Jean Cocteau assisté de René Clément |
|---|---|
| Scénario : | Jean Cocteau, adapté du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont |
| Photographie : | Henri Alekan |
| Montage : | Claude Ibéria |
| Décors : | Christian Bérard, Lucien Carré et René Moulaert |
| Musique : | Georges Auric |
| Production : | Les Films André Paulvé |
| Interprètes : | Josette Day, Jean Marais, Michel Auclair, Mila Parély, Nane Germon, Marcel André, Christian Marquand |
