15/01/2026 – UN CONDAMNE A MORT S’EST ECHAPPE

Un condamné à mort s’est échappé – France – 1956 – 1h35 – N&B

En 1943, Fontaine est arrêté par les Allemands pour faits de résistance et incarcéré à la prison Montluc à Lyon. Il décide de s’évader et prépare son plan dans les moindres détails.

« Cette histoire est véritable. Je la donne comme elle est, sans ornements ». Ainsi commence Un condamné à mort s’est échappé, par la promesse d’un film sec, une description sans artifices ni détails superflus, une interprétation froide où l’émotion est accessoire : le manifeste d’un film bressonnien. Le film est ascétique et silencieux, seule la voix off de François Leterrier déroule le plan d’évasion méticuleusement préparé.

Les cadres serrés détaillent les mouvements et les objets de l’évasion : les mains de Fontaine, la porte en bois, la cuillère en fer, la corde, le crayon, les crochets. Cette mise en scène rigoureuse des gestes et de leur répétition ne vise pas l’installation d’un potentiel suspense, étouffé par le titre du film, programmatique. Elle accompagne la minutie de Fontaine, soignant jusqu’à sa manière de marcher sans émettre de son.

Fontaine étudie chaque recoin de la prison mais il répète que celle-ci est un lieu imprévisible. Si rien n’est laissé au hasard dans le plan d’évasion, restent les contingences sur lesquelles Fontaine n’a pas prise : la réception d’un colis qui focalise l’attention des gardiens et empêche la fouille de la cellule, le choix d’un gardien de ne pas inspecter la veste du pasteur, l’affectation d’un autre prisonnier à la cellule, le passage d’un train masquant un son compromettant. L’évasion de Fontaine est autant le fruit d’une préparation détaillée que d’une bonne étoile qui donne au film son sous-titre : « Le vent souffle où il veut ».

Paul Lhiabastres

Réalisation :Robert Bresson
Scénario :Robert Bresson, d’après le récit d’André Devigny
Photographie :Léonce-Henri Burel
Montage :Raymond Lamy
Direction artistique :Pierre Charbonnier
Musique :Wolfgang Amadeus Mozart
Production :Alain Poiré et Jean Thuillier, pour Gaumont
Interprètes :François Leterrier, Charles Le Clainche, Maurice Beerblock, Roland Monod, Jacques Ertaud, Jean Paul Delhumeau, Roger Planchon