
Le bourreau (El verdugo) – Espagne – 1963 – 1h31 – N&B
Ayant séduit la fille du bourreau, José Luis, fossoyeur de son métier, se voit dans l’obligation de l’épouser. Se pose alors le problème du logement pour le couple, introuvable dans cette période trouble du Franquisme. Seule solution, l’appartement que l’administration doit allouer à son beau-père proche de la retraite, si tant est qu’il accepte de lui succéder dans ses fonctions de bourreau. Il ne peut dire non s’il ne veut pas que toute la famille se retrouve à la rue. Il se trouve alors entrainé sans échappatoire vers l’horreur.
Par un concours de circonstances imprévisibles, José Luis, fossoyeur, doit rapporter sa sacoche au bourreau. A partir de là il va se trouver entrainé dans une série d’évènements qu’il ne pourra contrôler.
A travers une description tragi-comique du quotidien, Berlanga nous livre une critique acérée des institutions sociales, politiques et religieuses (les symboles religieux parcourent tout le film !) de l’Espagne franquiste tout en traitant de thèmes universels comme la mort, la bureaucratie, la soumission à l’autorité qui pousse des individus ordinaires à devenir des instruments de violence contre leur gré.
Largement censuré en raison des thèmes abordés, le film ne doit son exploitation que parce qu’il est coproduit par l’Italie et reçoit le prix de la critique à Venise en 1963.
Benoîte Pitiot
| Réalisation : | Luis García Berlanga |
|---|---|
| Scénario : | Rafael Azcona, Ennio Flaiano |
| Photographie : | Tonino Delli Colli |
| Montage : | Alfonsa Santacana |
| Décors : | José Antonio de la Guerra |
| Musique : | Miguel Asins Arbó |
| Production : | Nazario Belmar pour Interlagar Films, Naga Films et Zebra Films |
| Interprètes : | José Isbert, Nino Manfredi, Emma Penella, José Luis López Vázquez, Guido Alberti |
